Actionnariat salarié, say on pay : quelles nouvelles pratiques peut-on observer dans les entreprises ?

toutounji_s_colSami Toutounji
Avocat Associé
SHEARMAN & STERLING
Intervenant lors de la conférence « Rémunération des dirigeants » qui aura lieu le 25 juin 2015 à Paris.

Rédaction Analyse Experts : selon vous, comment choisir le bon instrument d’actionnariat salarié ?

Sami Toutounji : Nous avons la chance en France d’avoir un éventail de solutions unique au monde, offrant aux sociétés françaises la possibilité de proposer des plans adaptés à leurs ambitions. La communauté financière française, agissant de concert avec ses régulateurs, a fait preuve d’une créativité exceptionnelle dans le développement des produits d’actionnariat des salariés. Ces produits sont uniques au monde et apportent aux salariés des groupes français des possibilités inimaginables dans d’autres pays, y compris dans les pays comme les Etats-Unis et le Royaume Uni qui sont très réputés en matière de développement de l’actionnariat salarié. Pour une société française, le choix du ou des instruments repose avant tout sur une analyse de ses ambitions et ses priorités, notamment au regard du niveau du niveau de développement qu’elle souhaite atteindre, de sa population « cible », du profil de partage de bénéfices et de risques souhaité, de son périmètre géographique et, bien sûr, du coût associé. De même, à ne pas négliger, la société devrait prendre en compte sa capacité d’assurer le « lendemain », certains produits nécessitant un suivi plus soutenu que d’autres.

Rédaction Analyse Experts :«Say-on-pay » : quelle évolution des pratiques ?

Sami Toutounji : Il est trop tôt pour faire le bilan des AG de 2015, la deuxième année d’application du « say-on-pay » en France, mais nous pouvons déjà constater un progrès considérable dans la qualité du dialogue entre les sociétés. Il reste néanmoins des incompréhensions importantes et nous avons constaté, dans certaines industries, des incohérences par rapport au « benchmark » international. Cela ne pourra se résoudre que par un dialogue plus approfondi. Par ailleurs, en observant le développement du say-on-pay aux Etats-Unis, où il n’est en vigueur que depuis les AG de 2011, nous pouvons constater une présence des sociétés plus soutenue devant les medias, permettant de promouvoir un point de vue parfois moins entendu en France.

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